La micro-entreprise reste le statut le plus populaire en France pour se lancer en freelance. Mais 2026 est une année particulièrement chargée en changements : plafonds revalorisés, hausse des cotisations pour les professions libérales, seuils de TVA rétablis après le feuilleton du seuil unique, et réforme de l’ACRE au 1er juillet. Voici tous les chiffres à jour.
Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026
Les plafonds de la micro-entreprise sont révisés tous les trois ans. La loi de finances pour 2026 les a revalorisés pour la période 2026-2028 :
| Type d’activité | Plafond 2026 | Rappel 2023-2025 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 203 100 € | 188 700 € |
| Prestations de services BIC | 83 600 € | 77 700 € |
| Activités libérales BNC | 83 600 € | 77 700 € |
Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel l’année suivante. Un dépassement ponctuel ne remet pas en cause votre statut. En cas de création en cours d’année, le plafond est proratisé selon votre date de début d’activité.
Les taux de cotisations sociales en 2026
En micro-entreprise, vous payez vos cotisations sociales sous forme d’un pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires encaissé, chaque mois ou trimestre. Si vous n’avez pas de CA, vous ne payez rien (mais la déclaration reste obligatoire).
Le changement majeur de 2026 concerne les professions libérales (BNC) : leur taux passe de 24,6 % à 25,6 % au 1er janvier 2026. C’est la dernière étape de la hausse progressive engagée en 2024 pour financer la retraite complémentaire des indépendants (le taux initialement prévu à 26,1 % a été abaissé à 25,6 % par décret).
| Nature de l’activité | Taux 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales (BIC) | 21,2 % |
| Activités libérales BNC affiliées SSI | 25,6 % (24,6 % en 2025) |
| Activités libérales affiliées CIPAV | 23,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
Concrètement, pour un freelance libéral facturant 50 000 € dans l’année, la hausse représente 500 € de cotisations supplémentaires par rapport à 2025. Un argument de plus pour réviser son TJM à la hausse.
L’ACRE : la réduction se resserre au 1er juillet 2026
L’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) permet aux nouveaux micro-entrepreneurs éligibles (demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, moins de 26 ans, notamment) de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales pendant les premiers trimestres d’activité. Attention : contrairement à une idée reçue, elle n’est pas automatique pour les micro-entrepreneurs — il faut en faire la demande auprès de l’Urssaf.
Ce qui change en 2026 : pour les créations à partir du 1er juillet 2026, l’exonération passe de 50 % à 25 % des cotisations, et la demande devra être déposée au plus tard 60 jours après le début d’activité. Si vous envisagez de créer votre micro-entreprise cette année et que vous êtes éligible, vous avez donc intérêt à immatriculer avant le 1er juillet pour bénéficier du taux plein de 50 %.
La franchise en base de TVA : les seuils 2026 enfin clarifiés
Si vous avez entendu parler d’un seuil unique de TVA à 25 000 €, oubliez-le : ce projet, issu de la loi de finances 2025, a été suspendu puis définitivement abrogé par la loi du 3 novembre 2025. Les seuils classiques sont rétablis et s’appliquent en 2026 :
- Prestations de services : 37 500 € (seuil de base) / 41 250 € (seuil majoré)
- Ventes et hébergement : 85 000 € / 93 500 €
Tant que votre CA reste sous le seuil de base, vous facturez sans TVA avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Entre le seuil de base et le seuil majoré, vous conservez la franchise jusqu’à la fin de l’année en cours, puis devenez redevable l’année suivante. Si vous dépassez le seuil majoré, la TVA s’applique immédiatement.
Facturation électronique : la deadline du 1er septembre 2026
Autre échéance majeure de l’année, souvent ignorée des micro-entrepreneurs : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises — micro-entreprises comprises — devront être capables de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L’obligation d’émission en B2B suivra en septembre 2027.
→ Facture électronique freelance : obligations, calendrier et plan d’action
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Souvent oubliée des débutants, la CFE est une taxe locale due par tous les auto-entrepreneurs dès la deuxième année d’activité. Son montant varie de 200 à 2 000 € selon la commune et le niveau de CA. La première année d’activité en est exonérée.
Pensez à provisionner la CFE dès votre première année pour éviter une mauvaise surprise en décembre de l’année suivante.
Déclaration du CA : mensuel ou trimestriel ?
Lors de votre immatriculation, vous choisissez la périodicité de vos déclarations :
- Mensuel : vous déclarez et payez chaque mois. Recommandé si votre CA est régulier et élevé.
- Trimestriel : vous déclarez et payez au 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier. Plus simple, mais nécessite de provisionner.
Même si votre CA est nul sur une période, vous devez quand même faire une déclaration à zéro, sous peine de pénalité.
Micro-entreprise ou SASU : quand changer de statut ?
La question se pose généralement lorsque votre CA dépasse 40 à 50 000 € par an. Au-delà de ce seuil, la SASU ou l’EURL permettent souvent d’optimiser la rémunération grâce à la combinaison salaire + dividendes, et de déduire les charges réelles — d’autant plus pertinent maintenant que les cotisations BNC atteignent 25,6 %.